Situé à 300 kilomètres de Phnom Penh, Siem Reap connait une réelle explosion touristique. Les maisons typiques et colorées sur pilotis, les marchés, la danse Apsara, l’architecture coloniale, les musées évoquent l’histoire et les traditions du pays. Tout comme le lac Tonlé Sap, les temples d’Angkor inscrits au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO ou simplement les paysages sont à découvrir.

Siem Reap
Site listé par l’UNESCO, le lac de Tonlé Sap est le plus grand d’Asie du Sud-Est. Sa terre très fertile permet une activité agricole importante. Il abrite de nombreuses espèces animales. La « Venise asiatique » abrite, au gré des marées et des moussons, des villages flottants comme celui de Chong Khneas et des villages sur pilotis comme Kampong Phluk.
Histoire
Glorieuse capitale de l’ancien empire Khmer, Angkor est un site archéologique situé au Cambodge s’élevant au milieu d’une jungle luxuriante. Autrefois trois fois plus grande, cette magnifique cité étourdit par ses vestiges et ses temples, témoins de l’histoire de la civilisation khmère.
Inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, les monuments du complexe, comprenant des canaux d’irrigation et des bassins, furent successivement construits par les rois qui y régnèrent entre le 9e et le 16e siècle (ère angkorienne), dates de la fondation et du déclin de la cité. Elle fut découverte par un archéologue français, Henri Mouhot en 1860.
Aujourd’hui, beaucoup de touristes rêvent d’avoir la chance d’admirer ces ruines fascinantes à 8 km de Siem Reap . La visite de ce site peut se faire de deux manières : par la petite ou la grande boucle. Angkor étant immense, il faut entre 3 jours et une semaine pour espérer en voir un maximum.

La petite boucle
Véritable emblème du Cambodge, Angkor Vat fut construit par le roi Suryavarman II dans les années 1100. Ce temple est le plus célèbre de tout Angkor, et possède 5 tours (ou 3, suivant où l’on se place) en forme de lotus d’environ 65 mètres de hauteur. Durant 37 ans, plus de 300 000 hommes participèrent à la construction de ce grandiose édifice dédié au dieu hindou Vishnu. Ils furent aidés par environ 6000 éléphants pour transporter les millions de tonnes de grès, nécessaires pour bâtir l’un des plus importants temples funéraires au monde.
Un grand parc sépare l’entrée de la cité de la porte principale de ce temple, mais une fois entrés, les visiteurs font un saut dans le passé, tant par la richesse architecturale que par le côté artistique et solennel du lieu. Les statuettes et visages sont nombreux, sculptés dans la roche millénaire, comme les 2 000 Apsaras, genre de nymphes célestes qui ont pour vocation de séduire les hommes. Elles sont représentées seins nus, avec de nombreux bijoux et ornements.
D’autres scènes sont sculptées sur les murs de cette ville-pagode (illustrations de la vie quotidienne, et scènes de la mythologie hindouiste), lui donnant une dimension spirituelle avec de gigantesques racines qui passent par-dessus les hauts murs. La tour la plus élevée du temple est encadrée par 4 statues de Bouddha, qui soi-disant apportent la chance à ceux qui prennent la peine de leur rendre hommage avant de partir. L’entrée du temple est dirigée vers l’ouest, symbole de la mort pour les Khmers.
Ce monument est particulièrement époustouflant à partir de 14h, ou dans la lumière tamisée en début de soirée, ou encore au lever du soleil, des couleurs magnifiques enveloppant le temple. On retrouve les 3 tours d’Angkor Vat sur le drapeau cambodgien.
Ensuite vient Angkor Thom, ou « grand Angkor », vaste cité royale fortifiée, qui est une ancienne ville de 9 km2 rassemblant plusieurs monuments comme le Palais Royal, ainsi que la terrasse des Eléphants, composée de sculptures de processions d’éléphants, qui tiennent une fleur de lotus enroulée autour de leur trompe. Certaines de ces sculptures sont de taille réelle. La terrasse du Roi Lépreux, appelée ainsi pour sa statue assise et nue, du même nom. On y trouve aussi des sculptures d’éléphants et de « Garudas », sortes de chimères à moitié humaine, possédant des ailes, des becs, des serres d’aigle, et plusieurs bras. La pyramide Phimeanakas était le lieu de recueil du roi. La vue du sommet vaut le détour.Le temple-montagne Baphuon (actuellement en travaux de rénovation) qui servait probablement de crematorium aux rois. Et finalement Bayon, temple principal d’Angkor Thom, qui trouble avec ses 49 tours aux visages sculptés, fermant les yeux et souriant légèrement, tous figés dans une expression de profonde méditation qui rappelle la voie du Nirvana.
En dehors d’Angkor Thom, Banteay Srei, situé à 38km dans le nord de Siem Reap, époustoufle par la beauté et la finesse de ses sculptures. Certains pensent d’ailleurs que des femmes seraient probablement à l’origine de ce travail, chef d’œuvre de l’art khmer.
La grande boucle
Pre Rup est un temple-montagne, dont la vue sur la jungle et les rizières environnantes est très belle. Il était le temple-état du roi Rajendravarman II.
Ta Som est retiré par rapport aux autres temples, et est divisé en 2 parties : l’enceinte extérieure, entourée de tour à 4 visages (orientés vers les points cardinaux), et une enceinte intérieure ornée de sculptures de Nagas (demi-divinités souvent représentées avec plusieurs têtes). Ce temple est dédié au père du roi Jayavarman VII, Dharanindravarman II.
Preah Khan est une ancienne cité bouddhique de type monastique, dédiée au roi Jayavarman VII qui servit d’école pendant un temps, puis devint un lieu hindouiste après la création de sculptures de Garudas et de Nagas.

Architecture et mythologie

L’architecture khmère n’est pas seulement intéressante esthétiquement ! Elle est plus complexe qu’elle n’y parait car elle respecte certains codes et croyances hindoues et bouddhistes. L’architecture d’Angkor Vat par exemple, représente le Mont Meru qui est la maison des dieux dans la mythologie hindoue.
L’importance de l’eau
Plusieurs bassins et systèmes d’irrigation furent construits au sein de la ville, à la fois pour irriguer les rizières, mais aussi dans un but plus symbolique. Les khmers croyaient que la présence de l’eau autour et dans les temples pouvaient leur apporter la prospérité. Le temple d’Angkor Thom fut d’ailleurs élevé près de deux immenses bassins, baray, remplis par les pluies, chacun s’étendant sur 8 km. Les baray symbolisent l’océan Cosmique dans la mythologie hindoue, soit une eau chargée de vie qui se déverserait sous forme de pluie grâce à Vishnu, apportant sur Terre un « lait sucré » composé des cendres de la création. C’est de ce lait sucré (plus précisément de la « mer de lait ») que naissent les Apsaras, dont les statues sont un peu partout dans Angkor.
Angkor au cinéma
La cité a fait plusieurs apparitions à l’écran, notamment dans le premier Tomb Raider, et dans le célèbre film de Jean-Jacques Annaud Deux Frères, qui raconte l’histoire de deux tigres grandissant dans la jungle cambodgienne, au milieu des ruines d’Angkor.
Au cours des siècles, le royaume d’Angkor a quelque peu perdu de sa grandeur, en partie à cause de guerres incessantes avec d’autres royaumes. Abandonné, oublié durant longtemps au milieu de la jungle qui le protege, les sites d’Angkor continuent d’éblouir le monde , donnant envie de jouer les explorateurs en herbe, et de partir nous aussi à la découverte ce joyau d’Asie du Sud-Est.
Vidéo
Les temples perdus : Angkor, Cambodge
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