Hô Chi Minh-Ville, autrefois appelée Saigon mais rebaptisée en 1975, est une ville bouillonnante, un grand port commercial, et le poumon économique du Vietnam. Cette métropole du sud, dont la vie se déroule à un rythme effréné, plaît par sa vitalité et la diversité de ses quartiers.

Hô Chi Minh-Ville / Saigon
Sur la longue rue Le Thanh Ton trône l’hôtel de ville, installé dans un ancien palais colonial. Il fait face à l’avenue Nguyen Hue, l’une des plus belles d’Hô Chi Minh-Ville, récemment rénovée et ouverte aux piétons. C’est dorénavant l’un des lieux de promenades préférés des Vietnamiens mais aussi des touristes.
Le marché Ben Thanh est le plus vieux, le plus coloré et le plus animé d‘Hô Chi Minh-Ville. Son beffroi et son horloge sont l’emblème de la ville. Sous son dôme de 28 mètres de diamètre, le marché offre un large choix de produits : légumes, viandes, souvenirs, tissus, fruits secs, vêtements, artisanat, etc.
Le temple de Thien Hau caractérise le quartier chinois, appelé Cho Lon. On y trouve en effet de nombreux bâtiments anciens, séculaires ou religieux, issus des vagues d’immigration chinoise. Les rues sont chacune spécialisée dans la vente d’un produit, tandis que le grand marché fournit toute la ville.
Histoire de la ville
Le Vietnam accueillait déjà des Français sur son sol du temps de Louis XVI, qui étaient des missionnaires venus évangéliser le peuple. À la veille de la Révolution française, le Traité de Versailles est signé entre Louis XVI et le prince Nguyen Anh, plus tard renommé Gia Long. Mais à la mort de ce dernier, Napoléon III décide d’intervenir au Vietnam et, dès lors, Saigon se trouve occupée par les Français à partir de février 1859, lorsqu’une flotte française débarque au port de la ville.
En 1862, le dernier empereur du Vietnam, Tu Duc, basé à Hue, signe le Traité de Saigon avec les Français, leur cédant Saigon et d’autres villes qui formeront ensuite la Cochinchine.
La guerre d’Indochine éclate en 1946 et se termine en 1954 sur la défaite française de Dien Bien Phu et les accords de Genève qui provoquent la séparation du Nord et du Sud du pays : la République démocratique du Vietnam et la République du Sud. Cette séparation marque aussi le début de la guerre du Vietnam.

Hô Chi Minh-Ville

La ville ne porte pas le nom d’Hô Chi Minh pour rien. Né Nguyen Tat Thanh, fondateur du Vietminh et du parti communiste indochinois en 1930, il décide de changer de nom en 1941 pour devenir Hô Chi Minh, signifiant « puits de lumière ». Surnommé l’oncle Hô, il proclame l’indépendance de la République démocratique du Vietnam en 1945 à Hanoi.
Il devient président du Nord du Vietnam en 1954, et combat activement le régime pro-américain du Sud, dont Saigon est la capitale, dans le but de réunifier le pays. Il meurt le 2 septembre 1969, 7 ans avant la fin de la guerre, et dès 1975, Saigon est rebaptisée Hô Chi Minh-Ville par les nordistes en son hommage.
Les anciens noms de la ville
Lorsque le Vietnam est encore occupé par les Khmers, Hô Chi Minh-Ville est un village de pêcheurs et un petit port de commerce appelé Prey Nokor, ou « ville de la forêt », englobant une partie du delta du Mekong. Des Vietnamiens commencent ensuite à coloniser les environs du Mékong. Prey Nokor est perdu par les Khmers durant la guerre civile de Trinh Nguyen. Dès le 17e siècle, les Viets prennent l’habitude de nommer la ville Saigon, en référence à la rivière qui la traverse.
Mais à l’arrivée des Français, veux-ci adaptent le nom à leur langue et le changent en Ségon, qui deviendra Saigon, pour changer à nouveau en 1976 en Hô Chi Minh-Ville, choisi par les communistes pour designer la capitale du Vietnam Sud. Aujourd’hui, Saigon est toujours utilisé pour nommer le district 1 (le centre-ville), même si les habitants l’utilisent plus communément pour designer toute la ville.
Thich Quang Duc
Thich Quang Duc est un bonze vietnamien connu pour s’être immolé par le feu en 1963 dans les rues de Saigon pour protester contre la répression du Bouddhisme par le président Diem qui était catholique. Cet acte n’est pas le seul suicide par le feu de la part d’un moine, mais ce cas fut particulièrement médiatisé, notamment grâce à une photo prise par Malcolm Browne qui fit le tour du monde. Il est dit que Thich Quang Duc ne fit pas un bruit, ne bougea même pas durant la combustion. Son acte fut considéré comme héroïque par d’autres moines qui commencèrent à le vénérer comme un saint. Son cœur, épargné par les flammes, fut conservé comme une relique sacrée.
Le district 1, ou centre-ville
Le district 1, qui est aussi le centre-ville, rassemble les monuments et lieux les plus populaires. Parmi eux, le célèbre opéra, dont le design intérieur est inspiré de l’opéra Garnier à Paris, mais l’aspect extérieur rappelle le Petit Palais qui fut construit la même année à Paris, en 1900.
Ancien palais colonial, l’hôtel de ville constitue l’un des rares édifices français d’époque. Éclairé au crépuscule, le monument est à admirer de jour comme de nuit. Sauf bénéficiaire d’une autorisation spéciale, vous ne pourrez malheureusement pas visiter le palais. Relaxez-vous dans le jardin donnant face à l’hôtel de ville. La statue du père de la patrie trône au milieu de la cour de l’hôtel de ville : oncle Hô veille sur son peuple et sur sa nation.
Le palais de la Réunification, ou palais de l’Indépendance fut construit entre 1868 et 1873 par les Français. Il accueillit plus tard les accords de Genève, et devint une résidence officielle pour les présidents de la république du Vietnam pendant la guerre. À voir : bureaux du président, salles de conférences, de réception, chambres du président et sa femme, jardin intérieur…

Le musée de la Guerre du Vietnam, derrière le palais de Réunification, permet de mieux comprendre le conflit qui opposa le Vietnam du Nord au Vietnam du Sud de 1954 à 1975. On peut y voir de l’artillerie lourde comme des hélicoptères et des chars, ainsi que beaucoup d’objets et de photos rappelant les atrocités commises durant la guerre, et les effets de l’agent orange.
La poste centrale de Saigon est un magnifique édifice dont l’architecture française rappelle les plus beaux monuments de Paris. Elle fut construite par les colons entre 1886 et 1891, et sa charpente métallique fut créée par Gustave Eiffel lui-même, donnant l’impression d’admirer une gare française de l’extérieur. À l’intérieur : des bureaux de vente, des tableaux, un portrait d’Hô Chi Minh, des anciennes cartes du Vietnam du Sud, et quelques boutiques de souvenirs.

La cathédrale Notre-Dame de Saigon, aussi connue sous le nom de basilique de l’Immaculée Conception, fut construite de 1863 à 1880 par les Français. D’ailleurs les briques rouges (certaines roses) des murs auraient été ramenées de Toulouse, selon la légende.
Le marché de Ben Thanh est le plus grand et le plus connu d’Hô Chi Minh-Ville. Très touristique, on y trouve des souvenirs, des ao dai (tenue traditionnelle vietnamienne), des chapeaux coniques, mais aussi des spécialités vietnamiennes, des fruits et légumes, des épices… À partir de 18h, les commerçants montent leurs échoppes à l’extérieur, dans les rues adjacentes, transformant Ben Thanh en marché de nuit. N’hésitez pas à négocier les prix annoncés par les vendeurs : c’est un petit jeu obligatoire à Saigon !
La pagode de l’Empereur de Jade est un temple à la fois bouddhiste et taoïste dédié à Ngoc Hoang, l’empereur de Jade. La façade est faite de briques roses, et l’architecture pensée en fonction de mythes et légendes bouddhistes : il y a par exemple beaucoup de statues de dieux, de démons, d’hommes… La partie principale est gardée par deux statues de démon d’au moins 4 mètres de haut. Il est dit que ce temple fut construit à l’endroit où un arbre fut frappé par la foudre. Il est possible d’acheter de petits poissons rouges et des tortues à des vendeurs du temple pour ensuite les relâcher dans un des bassins, comme offrande.
Cho Lon, le quartier chinois
Cholon signifie « grand marché », un nom qui lui va très bien vu la taille de son marché (Binh Tay) et de ses échoppes. Le Chinatown saigonnais est un quartier aux parfums d’encens, où l’on trouve des pagodes richement décorées comme Giac Lam qui possède quelque 113 statues en bois et 500 tablettes de bonzes. Le temple de Thien Hau est consacré à la déesse protectrice des navigateurs, Thien Hau. La pagode Tam Son Hoi Quan est quant à elle dédiée à Me Sanh, la déesse de la fertilité. Elle fut construite en 1839 par la Congrégation de Fujian de Saigon. De nombreuses femmes viennent y déposer des offrandes lorsqu’elles désirent avoir un enfant. Un peu plus loin, la pagode Quan Am est dédiée à la déesse de la miséricorde Quan Am, une bodhisattva femme.

Les tunnels de Cu Chi
Dans le nord-ouest d’Hô Chi Minh-Ville se trouve le district de Cu Chi, où les visiteurs peuvent voir des traces des combats de la dernière guerre, avec un réseau de tunnel qui s’étend sur près de 200 km jusqu’au Cambodge. Ces fameux tunnels furent construits par les Vietcongs à partir de 1948 pour servir de refuge face aux attaques des Américains, et de base secrète. Jusqu’à 16 000 soldats y vivaient dans des conditions difficiles, ce dont on se rend compte au fil de cette visite de type unique. Ces tunnels sont si exigus qui faut y avancer parfois accroupis, les épaules frottant contre les murs, dans une luminosité très faible. Ce côté étroit permettait aux soldats vietnamiens, plutôt fluets, de se déplacer rapidement, contrairement aux Américains qui étaient trop épais. Les entrées de certains tunnels ont d’ailleurs été élargies pour les visiteurs. En fin de visite, ceux qui le veulent peuvent tirer avec de vieilles armes de guerre.
Thanh Da

Le district de Thanh Da offre un très beau contraste avec le centre d’Hô Chi Minh-Ville et son effervescence permanente. Difficile de croire que l’on puisse trouver des rizières et des champs de lotus dans la ville la plus peuplée du Vietnam… Et pourtant, il n’y pas besoin de forcément se rendre dans le Mekong pour avoir un peu de calme et admirer des locaux au chapeau conique à l’œuvre dans les champs.
Spécialités culinaires
On trouve globalement beaucoup de spécialités des autres régions à Hô Chi Minh-Ville, dont certaines revisitées. Le pho et le banh xeo sont très populaires, ainsi que les rouleaux de printemps. Dans le Sud, la cuisine est plus sucrée, agrémentée de menthe, de coriandre, de basilic.
L’un des délices du sud, très apprécié à Saigon, est le com tam, qui signifie littéralement « riz brisé ». Le nom complet de ce mets est com tam suon bi cha, désignant les 3 ingrédients principaux, en plus du riz : le porc grillé (suon), la peau de porc (bi) et un gâteau aux œufs (cha), faisant de ce plat le « riz aux trois trésors ». Il s’accompagne de mo hanh, une sauce à base de feuilles d’oignon cuites dans de l’huile.
Le café au lait glacé est très apprécié à Hô Chi Minh-Ville. Préparé avec du café robusta, et non de l’arabica, son goût fort à la touche chocolatée est adoucie par du lait concentré sucré. L’ajout de glace pilée permet d’en faire une boisson rafraichissante qui s’accorde bien à la chaleur du Sud. Ce café s’appelle ca phe sua da, sua signifiant lait et da, glace.

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